Flora Banks – Emily Barr

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Date de parution : 1 mars 2017

Éditeur : Casterman

Nombre de pages : 369p.

 

Résumé

DIX – L’âge que j’avais quand mon cerveau s’est détraqué.

HUIT – Années de validité de mon passeport.

SIX – Le nombre de personnes qui me cherchent au Spitzberg, dans l’Arctique.

QUATRE – L’âge auquel j’ai rencontré ma meilleure amie. Je ne dois plus jamais l’appeler, ni lui envoyer de SMS.

DEUX – Deux cailloux noirs. L’un m’appartient, l’autre est à Drake. Je le rejoindrai, où qu’il soit.

UN – Un souvenir. C’est tout ce qu’il me reste.

FLORA BANKS : LE LIVRE QUE VOUS N’OUBLIEREZ JAMAIS.

 

Remerciements

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Casterman ainsi que Livraddict pour m’avoir donné la possibilité de découvrir l’histoire de Flora Banks en avant-première, c’est un plaisir et une fierté.

Mon avis

Il faut dire qu’avec un résumé comme celui-ci, on ne peut qu’avoir envie de se plonger dans ce roman aussi intriguant que mystérieux. Au niveau de la forme, j’ai apprécié la mise en page : aérée, claire et avec des paragraphes limpides. C’est un très bel objet culturel qui s’est retrouvé entre mes doigts.

Venons-en au cœur du sujet, c’est l’histoire de Flora Banks, une adolescente au prise avec un trouble important de la mémoire qui va essayer, tant bien que mal, de traverser cette épreuve pour découvrir ou redécouvrir la vie et le monde.  Je dois avouer qu’à la lecture des premiers chapitres je me suis dis : « je ne crois pas du tout que je sois la cible de ce livre » et cela avec une certaine déception.  Tout lecteur sait qu’il ne faut pas se laisser aller à ses a priori et j’ai continué ma lecture. Et quelle bonne idée j’ai eu là ! L’intrigue prend de l’ampleur et de la consistance au fil des pages au point que l’on ne sait plus quand s’arrêter. L’histoire, bien que revenant sans cesse en arrière, avance progressivement pour plonger le lecteur dans un univers s’élargissant et créant des liens logiques ici et là.

J’ai aimé parcourir le monde avec Flora bien que parfois elle puisse paraitre agaçante, un sentiment certainement créé par ces incessants retours en arrière mais qui au final sont le sel de l’histoire. Petit bémol sur les personnages secondaires qui sont un peu trop lisses à mon goût et qui n’apporte jamais grande chose à l’histoire. Comme on le dit quelquefois, le Diable est dans les détails et ici, pour Flora Banks, il faut regarder l’histoire dans son intégralité pour apprécier cette aventure.

Je reste donc sur une note positive avec ce livre qui, sans être exceptionnel, m’a permis de passer un très bon moment.

Swap Cinéma et Télévision Acte 2

Grâce au site Livraddict et à l’organisation très réussie de Solaine, j’ai pu participer à un nouveau SWAP : Cinéma et Télévision (2).

Le but est assez simple : 1 personne, 1 colis a créer et envoyer 1 contenu (1 livre de la wish, 1 mp, 1 goodie, 1 gourmandise, 1 boisson et 1 petit mot). C’est avec Muriel que j’ai eu la chance de faire parti de ce super projet et voici un petit rendu photo du superbe colis que j’ai reçu!

Merci encore, Muriel, pour ce très jolie colis!

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Chaque petit « cadeau » bien emballé !
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3 jolies cartes !
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« La Couleur des Sentiments », une superbe lecture en perspective
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Thé et friandises
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Jeu apéro sur les Séries
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2 MP et 1 calendrier MP
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¨Petite carte de présentation
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Et voilà !! !

Chanson douce – Leila Slimani

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Date de parution : 18 août 2016

Éditeur : Gallimard

Nombre de pages : 227p.

Résumé

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

 

Il est bien ce prix Goncourt ?

Et voici et voilà une énième critique sur le lauréat du Goncourt 2016. C’est le jeu des nominations et des récompenses, une telle mise en avant médiatique crée une exposition supérieure à la moyenne. Bien souvent, le jury de ce prix (copinage mis de côté) ne se trompe pas et c’est pour le plus grand plaisir des lecteurs invétérés que nous sommes.

J’ai découvert Leila Slimani avec son premier roman édité chez Gallimard, Dans le jardin de l’ogre. Une histoire intéressante qui m’avais énormément interpellé et réjouis, comme une sorte d’étendard du renouveau de la littérature contemporaine française. Autant dire qu’en découvrant le nouvel ouvrage de l’auteur avec, en prime, une nomination au plus grand des prix littéraires, je ne pouvais que retenir mon souffle.

Ce qui marque principalement en lisant Leila Slimani, c’est que l’on se demande comment une jeune femme si gracieuse et élégante nous donne à lire des textes si bruts et noircis par la vie. C’est là que l’on trouve tout le talent d’un auteur : nous amené ailleurs, nous faire voyager dans les limbes des possibilités humaines. Chanson douce nous offre à voir une obscurité  nouvelle et nous surprend dès le départ. Histoire de poser le décor, cette ambiance particulière, qui nous suivra tout au long de notre lecture. Dès le début, nous savons que nous allons participer à quelque chose qui ne nous laissera pas indemne.

A plusieurs reprises durant ma lecture, je me suis dit, en parlant du personnage principal, « pourquoi elle fait ça ? » Ou encore « mais non elle ne va pas oser faire ça ? » Toute la force de la narration réside dans cette mise en perspective d’une vie à laquelle nous nous identifions sans le vouloir. En effet, je n’ai jamais souhaité avoir d’atomes crochus avec cette femme et pourtant par des chemins de traverses, je me suis retrouvé dans des situations inconfortables et dérangeantes. Mais nous lisons pour ce genre de sentiment pour être bousculé, pour sortir de nos zones de conforts et ça, Leila Slimani le fait à la perfection.   

Malgré l’inconfort constant qui m’a poursuivi durant les pages, j’ai adoré cette lecture. Goncourt ou pas, rien ne change. Je l’ai lu avant la remise du prix et je me suis retrouvé à souhaiter sa victoire. Telle une campagne présidentielle, j’étais adhérent à cette écriture simple, efficace et forte. Le meilleur a gagné j’en suis sûr !

The irregular at magic high school, tome 1 : Enrôlement – Tsutomu Sato et Kana Ishida

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Date de parution : 27 octobre 2016

Éditeur : Ofelbe Editions 

Nombre de pages : 414p.

Résumé

En 2095, trente ans après l’intervention des magiciens qui mirent fin à la Troisième Guerre mondiale, la magie, autrefois fruit des mythes et légendes, est devenue une technologie courante tout comme les pouvoirs qu’elle procure.
Tatsuya Shiba et sa jeune soeur Miyuki ont tous deux rejoint la plus prestigieuse de toutes les écoles de magie, mais si l’un est relégué au rang des élèves les moins doués, l’autre est considérée comme un véritable prodige.
Alors qu’ils ne rêvent que d’une scolarité sans histoire, les conspirations et les menaces pesant sur l’académie les forceront à agir !

Remerciements

Je tiens à commencer cette chronique en remerciant chaleureusement Ofelbe Editions pour cet ouvrage reçu dans le cadre des partenariats Livraddict.

Et alors?

Je m’attendais à recevoir un manga à la vue de l’image de couverture. Quelle surprise à la réception de cet imposant livre qu’est The Irregular at Magic High School : Enrôlement. Mais quelle joie en même temps : autant de lecture à prévoir devant moi.

Je souhaite entrer directement dans le vif du sujet en parlant du contenu du livre. Nous nous retrouvons plonger dans un univers futuriste (en 2095) au Japon. La magie fait partie intégrante de la vie des habitants et nous faisons la connaissance d’élèves étudiant dans un lycée spécialisé dans l’apprentissage et le développement de leur capacité magique. Autant le dire de suite, l’univers créé par l’auteur est gigantesque et très impressionnant. La magie n’est pas seulement quelque chose de fantastique c’est aussi une réelle avancée sociétale et scientifique. Le sujet est traité de manière très intelligente et complexe. Peut être un peu trop complexe par moment… Nous recevons énormément d’information sur l’utilisation de la magie et sur les phénomènes liés au déclenchement d’une formule magique. Au début du livre, je relisais régulièrement les (longs!) passages détaillant les phénomènes magiques. A la fin du livre, je lisais plutôt en travers ces mêmes chapitres, malheureusement, un peu lassé par les longueurs.

Autre petit problème qui a entravé ma lecture, les dialogues. Parfois, les échanges étaient très confus, ne sachant plus qui parlait à qui etc… Disons simplement que ce n’était pas très « net » si je peux me permettre.

Enfin un mot sur les personnages, les deux principaux, frêre et sœur, sont assez insupportables. L’aîné, Tatsuya, à cause de son détachement constant ne laissant place à aucune nuance et Miyuki par son excès de politesse et d’amabilité (combien de « excusez-moi » dans le livre?). Heureusement que la fin de l’histoire transperce un peu leurs énormes carapaces pour laisser entrevoir quelque chose de plus sympa ! Les autres personnages sont tous un peu stéréotypés mais toujours plus nuancés que les premiers.

A noter qu’avec le livre, nous recevons une carte pour Wakanim. Elle permet de télécharger gratuitement les trois premiers épisodes de la série animée. J’ai sauté dessus dès la fin du livre pour voir les différences/ressemblances. L’histoire est plus simple à suivre en animé qu’à l’écrit…

Pour conclure, j’ai beaucoup aimé le monde qui a été créé et qui nous emporte directement. Malheureusement quelques petits défauts rendent la lecture moins fluide que ce à quoi je m’attendais. Je pense que je vais privilégié le visionnage de l’animé plutôt que la suite de la série en livre.

Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci

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Date de parution : 25 août 2016

Éditeur : Editions Gallimard

Nombre de pages : 160p.

Résumé

À l’âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d’une femme qu’il n’a fait qu’entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s’installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d’ermite, adonné à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l’apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre. Ce roman, d’un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n’est pas montré, entendre ce qui n’est pas prononcé. D’une précision documentaire parfaite, il a l’intensité d’un conte, la beauté d’un origami.

Ce que j’ai pensé

Après avoir fait deux articles sur la Rentrée littéraire 2016, il faut bien faire un petit bilan de mes lectures sur cette thématique. Et je ne pouvais pas commencer par un autre livre que celui-ci. Autant briser le suspense dès le début, j’ai rarement été aussi emballé par un roman. La lecture m’a demandé à peine une heure mais maintenant encore, plusieurs semaines après, je reste chamboulé par cette expérience.

 
Monsieur Origami, raconte l’histoire d’un vieil homme venu tout droit du Japon. Son activité quotidienne repose sur la fabrication puis l’utilisation de feuille pour l’art de l’origami. Derrière cette intrigue de façade, ce personnage questionne de manière simple et douce sa vie, la vie et les relations humaines. Ce dernier va faire la rencontre d’un jeune homme en quête de sens mais aussi et surtout de compagnie. Cette amitié extrêmement pudique va nous entraîner dans une aventure incroyable. 


L’écriture ultra épurée et la mise en page en forme « haïku » rajoutent de la légèreté à notre lecture. On peut penser que la forme domine sur le fond pour cet ouvrage mais c’est une erreur de penser cela. L’un s’accompagne de l’autre avec perfection. J’ai ressenti comme un sentiment de liberté en lisant ces quelques pages. Comme si les mots me sortaient du quotidien pour atterrir dans un monde parallèle, léger et frivole. Au final, il n’y a pas énormément à dire sur Monsieur Origami, il faut juste savourer cette petite bulle dans la masse de livre de la Rentrée littéraire 2016.

Les Grands – Sylvain Prudhomme

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Date de parution : 18 août 2016

Éditeur : Editions Folio

Nombre de pages : 247p.

 

Résumé

Guinée-Bissau, 2012. Guitariste d’un groupe fameux de la fin des années 1970, Couto vit désormais d’expédients. Alors qu’un coup d’État se prépare, il apprend la mort de Dulce, la chanteuse du groupe, qui fut aussi son premier amour. Le soir tombe sur la capitale, les rues bruissent, Couto marche, va de bar en terrasse, d’un ami à l’autre. Dans ses pensées trente ans défilent, souvenirs d’une femme aimée, de la guérilla contre les Portugais, mais aussi des années fastes d’un groupe qui joua aux quatre coins du monde une musique neuve, portée par l’élan et la fierté d’un pays. Au cœur de la ville où hommes et femmes continuent de s’affairer, indifférents aux premiers coups de feu qui éclatent, Couto et d’autres anciens du groupe ont rendez-vous : c’est soir de concert au Chiringuitó.

Remerciement

Je tiens à remercier les Editions Gallimard, à travers la collection Folio, pour ce livre, dans le cadre des partenariats Livraddict.

Mon avis

En lisant le résumé de ce livre, je ne savais pas vraiment quoi penser. Ce flou ambiant a été accentué à la lecture des premières pages. Les dialogues intégrés à la narration sans démarcation particulière donne à la fois un côté épuré à la lecture mais crée aussi un peu une certaine incompréhension au départ. Passé cela, je me suis laissé embarquer dans un voyage tout en douceur vers la Guinée-Bissau.

Nous nous retrouvons, donc, en 2012, en Guinée, dans une période de trouble politique et nous suivons une journée dans la vie de Couto, membre du Super Mama Djombo. L’intrigue est axée sur la mort de Dulce, chanteuse du groupe et ancienne amante de Couto. Une fois l’histoire installée, rapidement, nous avons la possibilité de suivre l’évolution des émotions et des sentiments de notre (anti) héros. Une journée de vagabondage que nous découvrons avec un rythme assez lent, parfois même trop lent. Le tout est ponctué de petits souvenirs sur cette période faste qu’était les années 70 pour le Mama Djombo. En soi, l’histoire est vraiment intéressante par son côté mélancolique et tristesse sans débordement.

Au niveau du style, j’ai ressenti une vraie maîtrise du sujet par l’auteur. C’est vraiment appréciable, il est possible de juste se laisser guider sur ce chemin. Tout est bien organisé, dans le déroulé du livre, on apprécie le changement qui s’opère au fil des heures pour Couto. Malgré tout cela, j’ai été un peu barbé par les longues litanies de notre personnage. Cela s’intègre dans le contexte mais ralenti considérablement mon envie de lire.

En cherchant un peu, j’ai remarqué que l’Afrique est un sujet récurrent dans l’oeuvre de Sylvain Prudhomme. Je dois avouer que je suis assez partagé quand à ma volonté de découvrir d’autre livre. Je reste sur ma faim avec cet ouvrage, je n’ai pas été suffisamment déplacé de mon confort pour en redemander.

Baudelaire – Jean-Baptiste Baronian

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Date de parution : 5 octobre 2006

Éditeur : Editions Gallimard (collection Folio biographies)

Nombre de pages : 272p.

Résumé

«Toutes les beautés contiennent, comme tous les phénomènes possibles, quelque chose d’éternel et quelque chose de transitoire, – d’absolu et de particulier. La beauté absolue et éternelle n’existe pas, ou plutôt elle n’est qu’une abstraction écrémée à la surface générale des beautés diverses. L’élément particulier de chaque beauté vient des passions, et comme nous avons nos passions particulières, nous avons notre beauté.» 
Charles Baudelaire (1821-1867) reste une des personnalités les plus contradictoires de l’histoire de la littérature. Novateur dans sa poésie et dans son approche de l’art et de la musique, défenseur farouche de la liberté des mœurs, il dénigre le progrès et méprise le peuple. Sa vie, à la fois fastueuse et misérable, dissolue et magnifique, pitoyable et éblouissante, est celle d’un paria de génie.

Et donc ?

Comme un coup de fusil, j’ai décidé, sans semonce, de me lancer dans l’histoire et la vie de Charles Baudelaire. Etant grand amateur de la poésie du « Prince », j’ai souhaité comprendre le processus de création en rapport avec son parcours.

Je n’avais jamais lu quoi que ce soit auparavant et ma surprise en a été que plus grande. On apprend au fil des pages que Baudelaire est un homme plein de contradictions. Homme changeant souvent de mode de vie et d’opinion, il participe à la grandeur de ce siècle sans en récolter tous les fruits. Il ne faut pas s’attendre à des révélations fracassantes ou à des anecdotes extraordinaires, la vie de Baudelaire, mis à part ses amis et ses rencontres incroyables, est celle d’un artiste moyen du XIXème. On en apprend un peu plus sur le fameux procès qui a opposé l’auteur avec « Les fleurs du mal » et les bonnes mœurs de l’époque.

Concernant le style de l’auteur, j’ai eu une lecture très agréable, fluide et bien organisée pour ressentir l’essentiel sans en faire de trop. Beaucoup de citation, de références bibliographiques et de mots bien sentis donnant une impression de contemporanéité.

Maintenant j’ai envie de lire d’autre biographie, de connaître la vie d’autre artiste du XIXème siècle, d’en découvrir toujours plus sur ce siècle et je pense avoir trouvé ma prochaine cible avec Delacroix, peintre adoré de Baudelaire… logique non ?

Rentrée littéraire (2)

Voici une petite sélection de 12 ouvrages pour la rentrée littéraire. 12 ouvrages qui m’ont fait de l’oeil, 12 livres d’auteurs connus mais aussi des premiers romans, 12 bouquins pour préparer cet automne qui arrive en restant bien au chaud… Bref, c’est la rentrée !

Deuxième partie avec cinq premiers romans.

1 – Fils du feu de Guy Boley – Grasset, paru le 25/08/16

Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.

Un ouvrage qui sent la poésie et la force narrative, une superbe découverte en perspective ?

2- Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci – Gallimard, paru le 25/08/16

À l’âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d’une femme qu’il n’a fait qu’entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s’installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d’ermite, adonné à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l’apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre. 

J’apprécie toujours les livres parlant de solitude, de tranquillité et d’apprentissage. Avec cette douceur émanant de l’histoire je ne peux qu’être comblé.

3- Lucie ou la vocation de Maëlle Guillaud – Editions Héloïse d’Ormesson, paru le 18/08/16

Lucie est amoureuse. Éperdument. Mais pour imposer celui qu’elle a choisi, elle va devoir se battre. Ne pas céder face à l’incompréhension et à la colère des siens. Malgré les humiliations quotidiennes, les renoncements et l’ascèse, elle résiste et rêve d’absolu. Un jour, pourtant, le sacrifice qu’elle a durement payé est ébranlé par la découverte d’un secret. Le doute s’immisce. S’est-elle fourvoyée ou est-elle victime d’une manipulation ?

Une vie de couvent posant la question de la foi, de la recherche de soi et de la vie religieuse. Un thème pas courant pour une histoire qui s’annonce passionnante ?

4- Je vais m’y mettre de Florent Oiseau – Allary éditions, paru le 25/08/16

Fred, la petite quarantaine, surfe sur l’écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, manger des Knacki devant les émissions de Sophie Davant et boire des demis au bistrot du coin en attendant l’amour. Jusqu’au moment où il découvre qu’il arrive en fin de droits, et que ses maigres allocations disparaîtront bientôt. Il n’a plus le choix : il doit s’y mettre. Un emploi salarié ? Il n’en trouvera pas. Mais des ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles… De Paris à Malaga, Je vais m’y mettre nous embarque pour une série d’aventures drolatiques en compagnie d’un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d’aujourd’hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire.

Avec, semble-t-il, beaucoup d’humour, l’auteur traite du parcours d’un « loser » de la société.

5- The Girls de Emma Cline – Quai Voltaire, paru le 25/08/16

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Lorsqu’une dispute les sépare au début de l’été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d’une secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s’y faire accepter. Tandis qu’elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche inéluctablement d’une violence impensable. 

Pour terminer, un premier roman américain qui semble très alléchant sur les années 60 et la jeunesse américaine de cette décennie.

Rentrée littéraire (1)

Voici une petite sélection de 12 ouvrages pour la rentrée littéraire. 12 ouvrages qui m’ont fait de l’œil, 12 livres d’auteurs connus mais aussi des premiers romans, 12 bouquins pour préparer cet automne qui arrive en restant bien au chaud… Bref, c’est la rentrée !

Première partie avec les romans français d’auteurs connus.

1 – L’absente de Lionel Duroy – Julliard, paru le 18/08/16

Peu après son divorce, Augustin doit se séparer de sa maison. Bouleversé par le spectacle du déménagement, il s’enfuit en voiture avec pour tout bagage quelques photos, un ordinateur et ses deux vélos, puis se lance dans une course folle à la recherche d’un refuge, butant sur les personnes que le hasard place sur sa route – dont une femme qui le poursuit d’hôtel en hôtel. Revivrait-il le même effondrement psychique que sa mère, expulsée de son bel appartement de Neuilly un demi-siècle plus tôt ? Égaré, furieux et magnifique, Augustin entreprend alors de reconstituer l’histoire de cette femme qu’il a enterrée sans une larme. Au fil de ses rencontres, son regard sur elle commence à changer.
Mené à un train d’enfer, à la manière d’un extravagant road movie, L’Absente redessine l’univers inépuisable que Lionel Duroy explore livre après livre.

Une histoire de road trip à la française qui sent bon la mélancolie et le souvenir.

2- Cannibales de Régis Jauffret – Seuil, paru le 18/08/16

Noémie est une artiste-peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec un architecte de près de trente ans son aîné avec lequel elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par une lettre adressée par Noémie à la mère de cet homme : elle s’y excuse d’avoir rompu. Une correspondance s’amorce alors et s’affermit entre les deux femmes, qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de se débarrasser du fils et ex-amant. Elles imaginent même de le dévorer cuit à la broche au cours d’un infernal banquet. En réalité, ce roman parle d’amour. Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a appelé son fils du nom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, et qui est mort accidentellement avant leur mariage. Noémie, elle, est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal. Au fil des lettres que, de son côté, il échange avec les deux protagonistes, le fils et ex-fiancé exprime toute la passion qu’il éprouve toujours pour Noémie. Un roman d’amour épistolaire, donc, dans la plus belle tradition du genre.

Régis Jauffret reviens avec son style acerbe et froid pour une histoire qui fait déjà froid dans le dos avant d’avoir tourné la première page.

3- Ce mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne de Jean-Claude Lalumière – Arthaud, à paraître le 07/09/16

« Je débute dans la carrière de voyageur. Quand je parle de destination inconnue, je ne pense pas à la Nouvelle-Zélande, ni à la Mandchourie, encore moins à la Terre de Feu. J’ai bien conscience de mes limites. Je sais que pour durer, il faut démarrer en douceur. Le Luxembourg contenterait mon désir d’exotisme. »Benjamin Lechevalier rêve d’ailleurs. Lorsque se présente l’occasion de quitter sa mère et son île natale d’Oléron, il n’hésite pas une seconde. Il « monte » à Paris, promu au poste de « chargé de l’accroissement du rayonnement extérieur de la Cité de l’Air du temps ». Une chance unique de parcourir le monde et ses contrées lointaines. Hélas entre séminaires d’entreprises et congrès internationaux, Lechevalier enchaîne déconvenues et bévues à un rythme effréné. Ballotté de trains en bus et de chambres d’hôtels minables en salles de réunion sans âme, il ne découvre des voyages que le charme très discret des sous-préfectures et pour seuls frissons ceux de la climatisation déréglée des halls d’aéroports. Doux champion de la gaffe, Lechevalier traîne ses ambitions déçues et ses amours bancales en se cognant, non sans humour, à l’exotisme ensorceleur de voyages très inattendus !

Avec un titre aussi coloré, comment ne pas succomber à cette jolie histoire ?

4- Continuer de Laurent Mavignier – Les Editions de Minuit, paru le 01/09/16

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.
Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

Une histoire de voyage initiatique loin de la France pour renforcer des liens peu à peu rompus.

5- Le Grand Jeu de Céline Minard – Rivages, paru le 17/08/16

Installée dans un refuge high-tech accroché à une paroi d’un massif montagneux, une femme s’isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question simple : comment vivre ? Outre la solitude, elle s’impose un entraînement physique et spirituel intense fait de longues marches, d’activités de survie, de slackline, de musique et de la rédaction d’un journal de bord. Saura-t-elle « comment vivre » après s’être mise à l’épreuve de conditions extrêmes, de la nature immuable des temps géologiques, de la brutalité des éléments ? C’est dans l’espoir d’une réponse qu’elle s’est volontairement préparée, qu’elle a tout prévu. Tout, sauf la présence, sur ces montagnes désolées, d’une ermite, surgie de la roche et du vent, qui bouleversera ses plans et changera ses résolutions…

Après une grosse déception avec Faillir être flingué, je trouve le résumé de ce nouveau titre, très alléchant.

6- Les deux pigeons d’Alexandre Postel – Gallimard, paru le 25/08/16

Comme les pigeons de la fable, Théodore et Dorothée s’aiment d’amour tendre. Cela ne les empêche pas de s’interroger : comment se divertir? Se nourrir? Que faire de ces deux corps? À quoi se consacrer? Faut-il «fonder une famille», travailler, «s’indigner»? Comment font les autres? Autant de questions qui surgissent au fil de cette odyssée des manières de vivre.
Roman d’un couple d’aujourd’hui, Les deux pigeons est aussi une peinture de la société française des années 2000 et de la génération qui arrive alors à l’âge adulte. Génération pigeonnée, souvent dénigrée pour son manque de flamme, dont le portrait est ici électrisé par une ironie oblique qui rend les personnages à la fois comiques et formidablement attachants.

Lauréat du prix Goncourt du Premier roman en 2013, l’auteur reviens avec un troisième roman traitant du cœur de la société. Pourvu qu’on ne se fasse pas pigeonner !

7- Chanson douce de Leila Slimani – Gallimard, paru le 18/08/16

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture.

Après le superbe, Dans le jardin de l’ogre, Leila Slimani est de retour avec un roman traitant d’une famille banale qui va connaître beaucoup d’épreuve quotidienne.

Le fils – Jo Nesbo

le fils

Date de parution : 8 octobre 2015

Éditeur : Editions Gallimard ( collection série noire)

Nombre de pages : 528p.

Résumé

Sonny Lofthus est héroïnomane, mais c’est un prisonnier modèle. Endossant des crimes qu’il n’a pas commis pour expier le souvenir du suicide de son père, policier corrompu, il fait également figure de guérisseur mystique et recueille les confessions de ses codétenus. Un jour, l’une d’elles va tirer Sonny de sa quiétude opiacée. On lui aurait menti toute sa vie, la mort de son père n’aurait rien d’un suicide… Il parvient alors à s’évader de prison et, tout en cherchant une forme de rédemption, va se livrer à une vengeance implacable. Errant dans les bas-fonds d’Oslo, en proie aux démons du ressentiment et du manque, il entend bien faire payer ceux qui ont trahi son père et détruit son existence. Quel qu’en soit le prix.

Avis

Je n’ai pas vraiment l’habitude de lire des polars. C’est un style que je ne maîtrise pas du tout, dont je n’apprécie pas forcément le rythme et les intrigues. Je n’arrive pas vraiment à m’évader en lisant des histoires de meurtres, pour caricaturer. Ce livre est arrivé dans ma PAL sous la forme d’un don. J’ai été attiré par cette histoire de croisade vengeresse et par le lieu de l’intrigue. C’est avec tout ce background que je me suis lancé dans Le Fils.

J’ai mis plus de temps qu’à l’accoutumé pour terminer cet ouvrage massif. Le livre est très bien découpé avec des chapitres équilibrés et laissant place à l’interprétation. L’histoire avance à pas de loup sans trop en dire et en liant les différentes vies qui peuplent ces pages. Justement, mon principal problème s’est trouvé dans ces « nombreuses vies ». J’ai eu quelques fois du mal à me rappeler de qui est qui et d’assimiler tous les personnages présentés. De plus, j’ai eu l’impression, parfois, de m’attarder sur un personnage qui au final n’était d’aucun intérêt et dont on aurait pu facilement se passer. J’ai comme l’impression que c’est une caractéristique des polars, des enquêtes policières : la multiplication des visages pour aiguiller le lecteur tout en l’éloignant de ses certitudes.

Au final j’ai terminé ce livre avec plaisir. J’ai aimé cette histoire forte teintée de vengeance et de rédemption. Le personnage de Sonny est fort et juste ce qui donne une double envie d’être et de ne pas être de son côté. Je ne vais certainement pas me replonger tout de suite dans un nouveau polar mais j’ai écarté quelques mauvais a priori grâce à cette lecture et cet auteur.