Standard – Nina Bouraoui

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Date de parution : 8 Janvier 2014

Editeur : Flammarion

Nombre de pages : 284p.

Résumé

Bruno Kerjen avait la certitude que « le monde réel était fait d’hommes et de femmes à son image, qui pouvaient être remplacés sans que personne remarque la différence de l’un, l’absence de l’autre ». Employé d’une entreprise de composants électroniques, cet homme de 35 ans n’attendait rien de la vie. À l’occasion d’un week-end passé chez sa mère près de Saint-Malo, il recroise Marlène. La toxique Marlène de ses années de lycée. Bruno Kerjen, qui s’était comme protégé jusque-là d’éprouver tout sentiment, a désormais un rêve : Marlène. Portrait d’un antihéros de notre temps, d’un homme sans qualités replié sur lui-même, mû uniquement par la peur, Standard est aussi un roman tragique : un homme va chuter, inéluctablement et sous nos yeux, parce qu’il s’est décidé à aimer.

Ma lecture

J’ai ce livre depuis un assez long moment à proximité de moi et je ne me suis jamais vraiment intéressé à son contenu. Et par un beau matin, j’ai décidé de lui faire son affaire. Je ne connais pas l’auteur, pas vraiment l’histoire et je me suis juste basé sur le titre… Standard… un mot simple pour une kyrielle de possibilités.

Le livre est écrit à la troisième personne, il raconte la vie de Bruno Kerjen, un homme banale, avec une vie simple et c’est tout. Il aime son travail, tout du moins, il le déteste moins que le reste. Il est tiraillé entre la simplicité de sa vie et sa volonté à la rendre toujours plus simple. Métro-boulot-dodo ponctué par une touche de téléphone rose le soir… Une vie banale que je vous dis ! Tout cela va être remis en cause avec le retour d’un « amour » de jeunesse.

Si l’on excepte le fait que durant la grosse première moitié du livre tourne un peu en rond, cherchant des réponses existentielles sans vraiment s’en donner la peine ; l’histoire est assez prenante. Il faut noter que les quelques dialogues donnent un peu de peps à une narration un peu terne et un peu passé. Parfois, je me suis clairement ennuyé, sachant d’avance que la vie de Bruno est toujours identique. Puis vient le moment ou le personnage féminin rentre en scène, si l’on met de côté la facette un peu « nunuche » et surannée de Marlène, elle redonne, par sa présence, une nouvelle dimension à ce bouquin. Ouf, la fin du livre reprend du poil de la bête et file (toujours) tranquillement vers une fin qui est loin d’être l’apothéose !

Paradoxe de ce livre, je n’arrivais pas vraiment à lâcher le livre malgré l’ennui qui me gagnait après quelques pages. Pas vraiment de réflexion au final avec cette lecture. Mais je pense clairement que ce rythme lent et répétitif est volontaire et reflète le mode de vie de notre anti-héros, Bruno Kerjen.

Au final, je suis assez curieux de découvrir un autre ouvrage de Nina Bouraoui. Pour connaître son univers car tout cela reste flou dans mon esprit. Je n’ai pas détesté le livre mais je ne suis pas vraiment enthousiaste non plus. Mitigé, 50/50, un peu comme les deux parties de cette histoire standard.

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Challenge – Phileas Fogg challenge

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Nouveau challenge pour cette nouvelle année et toujours sur Livraddict. J’ai décidé de participer à plusieurs durant cette année pour donner un côté ludique à mes lectures (non pas qu’elles manquent d’entrain mais…) Bref voici le principe du Phileas Fogg challenge – Le tour du monde en 90 jours.

Nous allons voyager pendant 3 mois autour du monde (10 jours de plus que ce brave Phileas) en lisant, beau programme non! Le but est donc de lire des auteurs de toutes nationalités et de ce fait marquer des « points » pour chaque nouveau pays visité par ce biais. Excellente idée de thème de lecture, beaucoup d’idées me trottent dans la tête. J’ai hâte de commencer !

Merci à titepomme pour l’organisation, qui sera, une fois de plus parfaite.

Pensées Végétariennes – Voltaire (par Renan Larue)

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Date de parution : 22 Janvier 2014

Editeur : Fayard/Mille et une nuits

Nombre de pages : 96p.

Résumé

« Qu’y a-t-il de plus abominable que de se nourrir continuellement de cadavres ? », s’interroge en 1772 un fervent défenseur du végétarisme, qui fait aussi l’éloge de « cette admirable loi par laquelle il est défendu de manger les animaux nos semblables ». Contre toute attente, l’auteur de ces propos n’est autre que Voltaire. Le philosophe consacre depuis plusieurs années déjà des pages au sort des animaux de boucherie dans son œuvre. Nul n’aurait soupçonné Voltaire de se faire le zélateur et théoricien du végétarisme. Ces passages épars n’en constituent pas moins un corpus homogène. Le problème de la responsabilité des hommes dans la souffrance des bêtes rejoint chez lui des préoccupations philosophiques plus larges et plus anciennes, à commencer par le problème du mal. Renan Larue réunit pour la première fois ses plaidoyers en faveurs de la cause animale.

Mon expérience de lecture

Me posant actuellement pas mal de question sur le végétarisme, je ne pouvais passer à côté de ce petit livre découvert par hasard au détour d’un site internet. Comment aurais-je pu penser que Voltaire était un végétarien en avance sur son temps ? En lisant une de ses nombreuses biographies, j’avais entraperçu cette facette de ce personnage passionnant mais rien de plus.

Je me suis donc lancé dans ce tout petit ouvrage afin de comprendre les tenants et les aboutissants de la pensée végétarienne de Voltaire. En fait, c’est un ensemble d’extraits et de fragments provenant de ses écrits reprenant cette idée. Certains sont très intéressants comme l’article « Bête » du Dictionnaire Philosophique réfutant l’idée de l’époque de l’animal comme machine. Ou encore les différents passages sur l’Inde qu’il considère (pas forcément à juste titre) comme un peuple tout à fait pro-animal. On y découvre aussi le Voltaire « élève » en citant Porphyre (De l’abstinence), Newton ou encore Platon… D’autres extraits un peu moins importants relevant plus de la fable que de la pensée pure. Il n’empêche qu’au final c’est un véritable plaidoyer pour les droits des animaux et pour une forme allégée de végétarisme.

Lecture surprenante et enrichissante pour tous (oui oui même les mangeurs de viande), bien expliquée et bien annotée par Renan Larue. Il faut moins d’une heure pour le lire et pour en savoir toujours un peu plus sur « le plus grand des philosophes ».

Que ta volonté soit faite – Maxime Chattam

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Date de parution : 2 Janvier 2015

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 368p.

Résumé

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S »il n’y avait Jon Petersen. Il est ce que l’humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là… sans doute réveillera-t-il l’envie de tuer qui sommeille en vous.

Mon avis

J’ai découvert Maxime Chattam à travers une petite nouvelle qui avait été publiée dans le recueil des Restos du Coeur en fin d’année 2014. Ce petit livre m’avait donné des impressions bien différentes quant à la qualité des œuvres présentées. Au milieu des 13 histoires courtes, celle de Maxime Chattam m’avait paru réellement intéressante et j’avais apprécié le style de l’auteur bien que je n’ai eu qu’un très léger extrait. A la sortie de ce livre, Que ta volonté soit faite, j’ai décidé de lire un nouvel auteur (pour moi).

Cet ouvrage commence par une mise en garde sur le contenu du livre. L’avant propos, comme souvent, tente de conserver le lecteur et de teaser concernant ce qui va arriver. Je me suis bien dis : « je ne vais pas ma laisser embobiner par ces quelques mots, on en reparlera à la fin ». Nous sommes prévenus que l’histoire sera particulièrement noire et que nous, lecteur, seront, qu’on le veuille ou pas, au centre en tant qu’observateur omniscient.

Le premier chapitre du livre ne laisse aucun doute : la mise en garde est justifiée ! Je ne souhaite pas dévoiler l’intrigue chacun doit avoir la chance d’appréhender ce livre comme il se doit.

Pour résumer, le style que j’avais effleurer dans la nouvelle, je l’ai retrouvé X1000 dans cette histoire. Une écriture légère au service d’une histoire terrible. Le déroulé oscille entre des chapitres très rythmés, intense et d’autres beaucoup plus contemplatif et descriptif qui nous permettent de souffler et de réfléchir un peu … La noirceur se pose petit à petit comme une chape de plomb sur cette petite ville américaine. Pendant ce temps, nous sommes comme happés dans cette sombre histoire. Difficile de lâcher le livre une fois entamé : attirant et repoussant en même temps. Cette contradiction donne toute la force au récit, je souhaitais obtenir toutes les réponses tout en observant de loin mais c’est impossible…

J’ai réellement été ébouriffé par la puissance de cette histoire, des personnages et du final tonitruant. Comme souvent je ne peux que vouloir lire d’autres Maxime Chattam, l’impression est trop bonne de mon côté pour en rester là.

Ocean Park – Ludovic Debeurme

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Date de parution : 23 Janvier 2014

Editeur : Alma Editeur

Nombre de pages : 213 p.

Résumé

Deux frères. L’un multiplie compulsivement les aventures sexuelles, tel un chasseur nocturne. L’autre, SDF et psychotique, s’invente un monde parallèle sous une tente igloo.

À peine sortis de leur enfance, les deux frères ont été abandonnés par leurs parents. Le père, toutefois, se manifeste auprès du premier fils et lui annonce la maladie incurable de la mère. Le garçon quitte alors Paris pour les États-Unis à la recherche de son frère et de sa tente igloo. Ils parviennent tous deux dans une île du Pacifique, forteresse où leurs parents se sont réfugiés loin du monde et de la réalité.

Avant-propos

Je suis tombé totalement par hasard sur cet ouvrage. En effet, j’étais à la recherche d’une nouveauté pour la rentrée littéraire et j’espérais encore trouver la perle rare. Après de longues minutes d’errements entre les rayons, je m’arrête devant ce titre : Ocean Park. Dans mon esprit, ces deux mots libèrent instantanément un parfum d’Amérique et de paysages nord-américains et il faut avouer que j’adore ça.

Malgré le fait (très intéressant) que la FNAC mette ce livre en avant, je ne connais pas l’auteur et l’éditeur me dit vaguement quelque chose… A la lecture du résumé, je suis directement emballé et je n’hésite pas plus longtemps ; d’autant plus que l’objet en lui-même est réellement agréable : une belle matière, de belles couleurs et un format pas très conventionnel. Tout ce qu’il me fallait et tant pis pour la rentrée littéraire !

Passons aux choses sérieuses…

Je m’attends donc à une histoire de famille, certes un peu déjantée mais rien de transcendant. Dès les premières lignes, je me pose des questions : on commence par la fin ? Quelle est cette situation de départ ?

Bref, je suis un peu perdu et je dois avouer que j’aime ça. Plus simplement, on suit tour à tour les aventures des deux frères. Le petit frère qui recherche le grand, le petit raconte l’histoire commune de leur vie pendant que le grand s’en construit une nouvelle. Ce changement de narrateur est très intéressant à la lecture même si cela crée une certaine difficulté pour réellement se sentir concerné par cette histoire, par leur histoire.

Une autre question m’a taraudé l’esprit tout au long de la lecture : je suis face à une histoire réelle (et possible), une fable ou autre chose de non-identifié ? Pour moi la distinction est importante et plusieurs indices laissent penser à l’une ou l’autre des possibilités. Ma lecture en a été quelque fois un peu chamboulée (petite nature que je suis !).

Ce qui apparaît clairement dans ce livre, c’est la volonté de sonder une enfance chamboulée, malmenée et créatrice de ce futur laborieux. Le petit frère n’hésite pas à souvent être le conteur d’un passé douloureux et étrange. Cette enfance sera finalement une sorte de ciment qui fera que les deux frères partiront dans un voyage initiatique pour retrouver leur parent sur une île déserte et coupé volontairement du monde. Deux frères que tout oppose depuis la fin de leur jeunesse : l’un est à Paris et multiplie les expériences sexuelles et stupéfiantes, l’autre voyage à travers le monde pour trouver la forêt qui ferait de lui un homme comblé notamment… Nous avons d’un côté un citadin qui m’a laissé une impression de salissure et de morosité à travers sa vie nocturne qui tourne en rond mais dans un cercle vicieux… De l’autre côté le besoin d’espace et de vie, la tente et le strict nécessaire pour survivre ; une vie de SDF à première vue la vie voulue selon lui. Et puis le lien dans tout ça, c’est la mère qui se meure et qui souhaite voir ses enfants une dernière fois. Sans savoir pourquoi, le petit accepte et va chercher le grand au bout du monde. Tout m’a paru si simple pour eux alors qu’il suffit de faire appel à la volonté et à ses instincts les plus profonds pour trouver un sens à ce que l’on fait…

Beaucoup de poésie et de mystère dans ce premier ouvrage d’un auteur de BD connu et reconnu. C’est à nous d’inventer les images cette fois-ci et pour moi cela a été vraiment stimulant peut être que d’autres trouveront ça trop plat… Le mal de tête littéraire ne m’a pas quitté tout de suite après avoir fermé le livre : beaucoup de questions restent suspendues à mes lèvres mais je pense bien que c’est le but. C’est une réflexion sur la vie actuelle, sur les relations familiales et c’est à moi de trouver ce que je souhaite en retirer…

Pour conclure une belle découverte, une lecture rapide et un style intense qui m’a plongé dans un univers connu mais à la fois extrêmement étrange et mystérieux. C’est une pause poétique moderne qui pourrait ravir plus d’un lecteur curieux !

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – Haruki Murakami

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Date de parution : 4 Septembre 2014

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 384 p.

Résumé

Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L’un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés. Un jour, ils lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n’en a pas cherché. Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n’aurait pas encore compris qu’il était mort.

Il est devenu architecte, il dessine des gares. Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l’intrigue mais elle le sent hors d’atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible. Vivre sans amour n’est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle.

Pourquoi ce livre ?

J’ai toujours été attiré par les livres de Murakami. Dans les allées des magasins et des librairies, j’ai toujours vu du coin de l’œil notamment 1Q84. Je n’ai jamais cherché plus loin que ces couvertures simples aux couleurs pastels… Avec la sortie en fin d’année 2014 du livre, au titre à rallonge, L’incolore Tzukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, je me suis dit c’est le moment. Le résumé m’a laissé entrevoir tout un tas de scénarii qui me plaisaient bien… Alors allons-y !

Ma lecture

Je me suis lancé dans cette lecture avec un gros a priori (que je ne peux pas expliquer) : je pensais que le style de cet écrivain allait être exigeant et volontairement complexifié. J’ai pu, dès les premières pages, exorciser cette mauvaise idée. C’est bien le contraire, tout est très fluide, les chapitres voguent à grande vitesse sans ressentir aucune gêne de lecture. Toujours sur le commencement du livre, j’ai aimé cette longue phase de présentation qui, même si elle tire un peu sur nos neurones sur la fin, donne suffisamment de clé pour comprendre l’intrigue mais pas assez pour rester dans un suspens palpable.

Le reste du roman oscille constamment entre les aventures actuelles de notre héros Tzukuru, ses réflexions personnelles et quelques flashbacks pas toujours très utile et pas toujours très bien senti dans l’intrigue. Le roman prend un vrai tournant lorsque (aucun spoiler) Tzukuru pars à la recherche de ses anciens camarades de lycée. Personnellement j’étais vraiment dans ses pas, l’écriture de Murakami m’a réellement permis de me sentir concerné par ses doutes mais aussi par ses maigres espoirs. Le terme important pour résumer cette histoire, c’est un voyage initiatique. Un voyage à l’intérieur de son propre être, un voyage dans son passé douloureux mais aussi un voyage pour préparer un meilleur avenir. Tout un programme en somme.

Au-delà de l’histoire, l’auteur dresse un portrait type d’habitant de Tokyo et pointe du doigt l’individualisme volontaire ou forcé des tokyoïtes, refermé sur eux-mêmes. On voyage tout au long du roman, un voyage du corps (Finlande, plusieurs villes japonaises..) mais aussi de l’esprit. C’est l’esprit torturé et relâché à la fois du personnage principal qui dicte le rythme de la lecture et du livre dans sa globalité. Au milieu de tout cela, il y a bien une petite place pour une histoire d’amour et Murakami en profite pour introduire un autre personnage qui semble, elle aussi, être une personnalité extrêmement compliqué et mystérieuse. Je suis resté sur ma faim de ce côté-ci… Place à l’imagination.

Je suis très content de cette lecture, qui au final m’a pris pas mal de temps, mais je suis ravi d’avoir rencontré Murakami et son univers bien particulier. Comme souvent, j’ai maintenant envie de lire d’autres ouvrages de l’auteur et notamment 1Q84

La nuit de l’oracle – Paul Aster

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Date de parution : 2004

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 237 p.

Résumé

Après un long séjour à l’hôpital, l’écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l’ampleur de ses dettes et par l’angoisse de ne plus jamais retrouver l’inspiration. Un matin, alors qu’il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu’il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises… Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l’improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l’oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l’imaginaire n’était rien d’autre que le déroulement du temps avant la mort. Ou pire encore, son origine.

La forme

La version que j’ai lue a été publiée chez Actes Sud. J’aime beaucoup tout ce que fait cette maison d’édition et encore plus quand il s’agit de littérature étrangère. Assez simple à prendre en main, une écriture parfaitement proportionnée mais malheureusement, aucun chapitre défini du début à la fin. J’aime avoir des chapitres pour pouvoir couper ma lecture ou pour retrouver des éléments sur lesquels je suis passé rapidement.

Le fond

C’est le premier ouvrage de Paul Auster que je lis et pourtant j’en ai un bon nombre qui dorment dans ma PAL. Je ne vais passer par aucun détour pour dire que j’ai adoré ce livre. Et ce pour plusieurs points. Tout d’abord, l’histoire de cet écrivain miraculé qui essaye de revenir à sa passion littéraire tout en conduisant sa vie de couple est une histoire simple dans la narration mais cette simplicité demande une technique et une maîtrise du fil encore plus importante. Je me suis plongé dans le sillage de Sid Orr pour vivre sa vie au ralenti. Pendant ce temps-là, tout autour de lui semble aller trop vite et je me suis retrouvé plusieurs fois perdu dans une excellente sensation de lâcher prise.

Dans un second temps, ce qui m’a fortement plu c’est l’histoire dans l’histoire. En effet notre héros essaye de reprendre l’écriture dans un petit carnet bleu (peut être le vrai personnage principal de l’histoire) et pour ce, il écrit une histoire sur conseil d’un ami. Cette mise en abyme littéraire donne un sens toujours plus fort à la relation qu’entretien Sid avec les quelques autres personnages qui déambulent autour de lui. La finalité de son écriture ne peut être dissertée ici pour risque de « spoiler », mais cela a été aussi inattendu que relativisant pour moi et pour ma lecture globale.

Finalement, le style de l’auteur me convient parfaitement et c’est pour cela que j’ai décidé de continuer dans la bibliographie de Paul Auster pour découvrir toujours cet univers avec Léviathan. J’aime à lire des histoires d’écrivains qu’ils soient en panne d’inspiration ou en pleine rédaction, ces histoires me fascinent et Paul Auster va pour l’instant totalement dans mon sens de lecture.

Challenge – Si j’étais un livre

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Essayant d’être de plus en plus actif sur le site participatif et communautaire Livraddict, je me suis inscris à plusieurs challenge dans le but de donner un petit côté « jeu » à mes lectures.

Le premier de ces challenge se nomme « Si j’étais un livre ». il est organisé par titepomme et merci à elle pour son excellent travail!

Le principe est simple : 33 catégories du genre « je serais une romance », « je serais une BD », « j’aurais une couverture moche »… Et le but est bien évidemment de lire des livres qui correspondent à ces catégories.

Ce challenge se termine bientôt et je suis actuellement à 16/33 pour un objectif de 17-18, j’y suis presque et il me reste une semaine pour réussir. Ce sera fait !!! 🙂

Dernier jour sur terre – David Vann

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Date de parution : 4 Septembre 2014

Editeur : Gallmeister

Nombre de pages : 256 p.

EAN : 978-2351785447

Résumé

Le 14 février 2008, Steve Kazmierczak, 27 ans, se rend armé à son université. Entre 15 h 04 et 15 h 07, il tue cinq personnes et en blesse dix-huit avant de se donner la mort. À l’âge de treize ans, David Vann reçoit en héritage les armes de son père, qui vient de mettre fin à ses jours d’un coup de revolver. Quel itinéraire a suivi Steve Kazmierczak avant de se faire l’auteur de ce massacre ? Quel parcours l’écrivain David Vann devra-t-il emprunter pour se libérer de son héritage ? L’auteur retrace ici l’histoire de ce meurtrier, paria solitaire, comme tant d’autres. Comme lui par exemple, qui enfant se consolait en imaginant supprimer ses voisins au Magnum.

Dans une mise en regard fascinante, l’auteur plonge dans la vie et l’esprit d’un tueur pour éclairer son propre passé, illuminant les coins obscurs de l’Amérique d’aujourd’hui où l’on se protège de toutes ses faiblesses une arme à la main

Avant-propos

Nous avons tous déjà vécu ce moment où, assis sur son canapé devant le journal télévisé, le présentateur nous annonce une nouvelle tuerie dans un établissement scolaire. Ce phénomène tragique qui nous touche au plus profond de notre chaire. Bien souvent, ces évènements se déroulent aux Etats-Unis et les informations sont distillées au compte-goutte ; on ne sait rarement plus de détails que le nombre de victime, le lieu et parfois l’identité du tueur…

Grâce à ce livre, j’ai souhaité pouvoir entrer plus précisément dans l’histoire d’une de ces tueries, c’est le sujet qui m’a donné envie de lire cet ouvrage. De plus, j’ai lu une interview de l’auteur dans un magazine qui vantait les mérites et la qualité littéraire de David Vann, écrivain mésestimé dans son pays : les USA. Mais après la publication française de Sukkwan Island, l’ouvrage que je me suis procuré, Dernier Jour sur Terre vient de connaître une réédition française inédite pour découvrir une histoire de tuerie oui mais pas seulement…

Mon petit avis

… Pas seulement car l’ouvrage ne traite pas uniquement de la tuerie sur le mode de l’enquête policière. C’est d’ailleurs ce qui m’a principalement attiré vers ce livre : l’auteur dresse, tout au long de l’histoire, un parallèle entre sa vie, son parcours et le cheminement meurtrier de Steve Kazmierczak, jeune homme de 27 ans qui, le 14 février 2008, se rend armé à son université.

Dans les trois premiers quart du libre, l’histoire principale est saupoudrée de passages (un peu romancés sans doute) de la vie de David Vann. Ces courts intermèdes donnent du sens au fond de l’histoire. L’auteur nous explique quel chemin il a suivi après le suicide de son père pour ne pas commettre les mêmes atrocités que Steve. Ce qui est choquant, c’est la similarité des deux vies. Cela permet de mettre du réel, de poser un cadre quasi biographique à ce récit. Même si je le répète tout cela est une histoire vraie. Comme l’explique l’auteur, il a souhaité essayer de comprendre le pourquoi de la tuerie et non pas faire un procès. Comment cela est-il arrivé ? Qu’est ce qui a fait que Steve en est arrivé à cette horreur ? Pourquoi ? Quelles sont ses raisons ? Aucune envie de justifier les actes mais juste de comprendre et le lecteur que je suis souhaitait simplement comprendre l’histoire.

L’auteur a mené une longue enquête pour arriver à ce résultat. D’ailleurs le côté « enquête » était très intéressant au départ mais mon attention à tous les détails (jours, heures, lieux…) s’est quelque peu effilochée au fil de ma lecture. Un certain ennui m’a emporté de temps en temps… C’est dommage, je regrette la trop grande abondance de détails qui m’ont perdu quelquefois, j’avais l’impression de lire sans rien enregistrer.

L’enquête suppose forcément de rencontrer des personnes qui ont connu Steve Kazmierczak. Et là se trouve le point fort de tout l’ouvrage selon moi. David Vann a pris contact avec beaucoup d’anciens amis du tueur et l’approche réellement psychologique du personnage prend une autre dimension grâce à ces témoignages. On peut lire des échanges de mails ou des bribes de conversations téléphoniques et cela m’a permis de m’immerger à nouveau dans l’histoire.

Au final cet ouvrage est un essai social, une biographie tragique, une critique d’un pays ou les armes sont en vente libre, une autobiographie se terminant en happy end et beaucoup d’autres choses que chacun découvrira. J’ai apprécié cette lecture pour l’originalité de la démarche et pour l’angle psychologique et objectif choisi par l’auteur. Ce que j’ai moins aimé est très certainement la répétition des scènes de vie et l’accumulation de détails. C’est une lecture qui m’a vraiment changé de mes habitudes mais qui m’a appris des choses et ce n’est pas toujours le cas…

Le philosophe qui n’était pas sage – Laurent Gounelle

9782266234870

Date de parution : 10 Avril 2014

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 320 p.

EAN : 9782266234870

Résumé

La forêt tropicale semblait retenir son souffle dans la chaleur moite du crépuscule. Assise devant sa hutte, Elianta tourna les yeux vers Sandro qui s’avançait. Pourquoi ce mystérieux étranger, que l’on disait philosophe, s’acharnait-il à détruire secrètement la paix et la sérénité de sa tribu? Elle ne reconnaissait plus ses proches, ne comprenait plus leurs réactions… Qu’avaient-ils fait pour mériter ça? D’heure en heure, Elianta sentait monter en elle sa détermination à protéger son peuple. Jamais elle ne laisserait cet homme jouer avec le bonheur des siens.

Un roman captivant, plein d’humour, de sens et de suspense. Une histoire surprenante qui cache une subtile remise en cause de notre société.

Mon avis

J’ai commencé à lire Laurent Gounelle avec Les dieux voyagent toujours incognito. Selon moi, c’est le meilleur de ses trois premiers ouvrages puis je suis retourné en arrière pour lire L’Homme qui voulait être heureux, petit livre court et assez agréable, sans grandes ambitions.

Le problème majeur de ce nouveau livre, Le philosophe qui n’était pas sage, c’est bien ça : il est beaucoup trop ambitieux ! Une histoire en Amazonie, pourquoi pas, mais dès que Sandro (le personnage principal) arrive dans cette forêt amazonienne, j’ai senti directement que quelque chose clochait.

Il manque de détails réels, de détails qui permettent de s’immerger dans cette forêt qui semble le retenir prisonnier. Le texte fourmille de description de la végétation mais je ne souhaitais pas lire une longue suite de haïkus, je voulais lire un roman quasiment d’aventure. Je suis resté en dehors de l’histoire du début à la fin en me disant « mais pourquoi cela se passe comme ça ? »… Une incompréhension gênante à créer un voile de désintérêt devant mes petits yeux de lecteurs. C’est dommage car j’avais placé, encore une fois, beaucoup d’espoir dans ce livre. Je voulais m’évader avec des personnages hauts-en-couleurs, avec des situations improbables et je souhaitais me laisser guider par cet auteur qui me plaît… Malheureusement je n’ai pas même décollé de quelques centimètres du plancher des vaches, elles sont d’ailleurs si loin dans cette histoire….

Quant au style, je n’ai pas retrouvé le côté psychologique qui émanait du très bon Les dieux voyagent toujours incognito. Par moment, j’ai eu l’impression que l’auteur tirait sur des ficelles énormes pour entretenir un certain suspens qui se veut psychologique. De grosses incohérences dans l’écriture de Gounelle : des grossièretés inutiles, des monologues quasi mystiques et surtout des personnages clichés mais alors très très clichés (un ancien militaire tyrannique, des indiens crédules, un philosophe en sommeil…) Par moment, j’ai eu l’impression de lire de la littérature jeunesse qui amplifie et abuse de ressorts impossibles.

Dans tout cela, il faut relever un revirement de situation qui était bien venu à ce moment du texte, une fin plus ou moins crédible et surtout une lecture simple et rapide… OUF ! Le nouveau Gounelle est déjà sorti, Le jour où j’ai appris à vivre, je ne suis pas rancunier (en tout cas pas en littérature) je vais donc me le procurer et à très vite pour la critique de ce livre…